Dans le vif

Dans le vif

Développement durable

mai 2nd, 2017

Si le concept et les objectifs de développement durable sont par nature universels, leur application ne peut être que différenciée en fonction des terrains étudiés. C’est sur ce principe que se fonde cet article, dont l’objectif est de questionner les dimensions (économique, environnementale, sociale) du développement durable au regard des contraintes des pays en développement, en insistant tout particulièrement sur la nécessité de considérer ces dimensions de façon intégrée plutôt que juxtaposée. Dans ce cadre, la dimension humaine, et en son sein la dimension sociale, tiendront une place centrale dans l’analyse. Notre questionnement s’articule en trois axes, qui feront l’objet des parties successives. Le premier axe cherche à préciser la place qu’occupent les différentes dimensions du développement durable au sein de l’analyse économique du développement, et en particulier les dimensions humaine et sociale.1 Ces précisions étant faites, la deuxième section s’intéresse aux relations particulières entre ces dimensions, dans un contexte de pays pauvres où le niveau initial de certaines composantes du développement humain (éducation, santé…) est particulièrement faible. Enfin la troisième section aborde le problème de la mesure des dimensions du développement durable dans une perspective internationale cherchant à comparer la situation des différents pays. La recherche de la « soutenabilité » environnementale constitue un objectif souhaitable des sociétés, et justifie l’investissement des chercheurs et des décideurs dans ce domaine. Cependant les dimensions économique, humaine et sociale du développement durable restent souvent, dans le cas des économies en développement, des priorités. En effet la situation économique et sociale de ces pays implique de traiter prioritairement les questions de ressources globales disponibles (et de leur usage pour la production), et d’accès aux dotations de base (éducation, santé, habitat…). Ces deux composantes participent à la dimension humaine du développement durable. Par dimension humaine du développement durable, on peut entendre la recherche d’un développement qui assure l’amélioration du bien-être humain (ou son maintien), ce dernier étant déterminé par des caractéristiques personnelles (éducation, santé, libertés individuelles…) ou collectives (cohésion sociale, niveau et répartition des richesses…). Le concept de développement humain recouvre donc plusieurs dimensions et constitue un champ de recherche encore récent et tâtonnant.

Direction New York

avril 24th, 2017

La semaine dernière, j’ai été amené à participer avec quelques collègues à un incentive à New York. L’objectif était de nous remercier pour avoir fait le chiffre ces derniers mois. Nous avons tout donné et que nous méritions bien une petite récompense. Cet événement a remporté un franc succès parmi les participants, surtout quand sont arrivés les challenges. Mais je souhaiterais plutôt vous parler ici de ceux, bien moins réussis, que j’ai pu vivre par le passé. L’incentive n’a pas acquis ses lettres de noblesse du jour au lendemain. En fait, il a fait une entrée très progressive et il y a eu quelques couacs. Il y a quelques années, par exemple, je bossais dans une boîte qui, côté management, en était encore à la préhistoire, en matière de management. Nous pouvions nous démener des mois pour faire le chiffre, nous n’obtenions au final qu’un misérable chèque-cadeau, voire rien du tout. Je peux vous garantir qu’à force, un certain dégoût s’est installé. Quand j’ai intégré ma boîte actuelle qui, elle, organisait ponctuellement des incentives, mais sans maîtriser véritablement ce genre d’événement. Pour elle, il s’agissait au début de simples vacances, durant lesquels nous étions livrés nous-mêmes. En somme, il s’agissait de vacances normales. Une fois sur place, chaque employé se faisait son propre programme. C’était bien sûr plaisant, mais ça n’apportait pas de grands bénéfices l’entreprise. Il existe des règles à respecter qu’un événement de ce type soit une vraie réussite, et cela, je crois que ma direction a mis du temps à l’intégrer. Un voyage en toute liberté n’a pas grand intérêt en la matière. L’objectif de ce genre d’événement doit être de créer du lien entre les participants. Et clairement, le jeu en équipe restent l’outil le plus adéquat. Lors de cet incentive aux Etats-Unis, mes collègues et moi avons eu droit à une série de challenges pour le moins originaux : je vous mets en lien l’agence qui l’a proposé, si vous souhaitez voir le programme auquel nous avons eu droit.Retrouvez toutes les infos sur ce voyage incentive aux Etats-Unis en suivant le lien.

Des billets pour la première navette spatiale privée bientôt en vente

mars 22nd, 2017

Les touristes pourront voyager dans l’espace à la même altitude que le tout premier cosmonaute, Iouri Gagarine, grâce à la première navette privée russe. Les billets ne sont pas encore en vente, mais c’est pour très bientôt! Le prix d’un voyage suborbital à bord de la première navette spatiale privée russe se situera entre 200 000 et 250 000 dollars (entre 188 000 et 235 000 EUR), a annoncé à Sputnik Pavel Pouchkine, directeur général de la société russe CosmoCourse, créatrice de la navette. « Pour l’instant, le prix du billet n’a pas changé, il peut être revu après la fin de l’étape préparatoire. Nous préciserons le prix et ouvrirons la réservation des billets après le début des tests autonomes en 2018 », a indiqué M. Pouchkine, ancien spécialiste du Centre de production et de recherche spatiale russe Khrounitchev. Les organisateurs du projet pourraient inviter des acteurs, des hommes politiques et d’autres personnalités à devenir touristes de l’espace. Mais la navette n’emportera pas de passagers lors de son premier vol d’essai, d’après lui. La société privée CosmoCourse crée une navette suborbitale destinée au tourisme de l’espace dans le cadre de la fondation des innovations russe Skolkovo. Le premier vol commercial est programmé pour 2020, d’après le site officiel de CosmoCourse. La navette transportant six passagers et un instructeur décollera depuis le cosmodrome russe de Kapoustine Iar, dans la région d’Astrakhan, et volera à 180-220 km d’altitude. L’excursion dans l’espace se déroulera donc à la même altitude que le vol du premier cosmonaute de l’histoire Iouri Gagarine. Le coût total du projet s’élève à 150 millions de dollars (141,3 M EUR). Les futurs touristes spatiaux devront passer un examen médical et un cours d’entraînements de trois jours pour pouvoir effectuer un vol de 15 minutes dont cinq ou six minutes en apesanteur.

Une vue élargie

février 6th, 2017

De toutes les découvertes que j’ai pu réaliser au cours de l’année dernière, il en est une qui m’a particulièrement frappé et qui reste toujours dans un coin de ma tête : il s’agissait d’un vol en montgolfière dans le ciel de Pau que j’ai plus qu’apprécié. Le fait de contempler les charmes de notre planète a été un moment résolument unique, un moment si troublant que chacun à bord de la montgolfière est resté muet. Presque durant toute l’heure que durait la promenade ! C’est étrange, de devoir s’éloigner du monde pour concevoir combien il est superbe. Mais c’est ainsi que va le monde, n’est-ce pas. Depuis le sol, l’on n’apprécie plus la beauté qui est à l’oeuvre. Nous y sommes tellement habitués que nous ne la voyons plus. Seulement, depuis un ballon, tout est nouveau, et l’on reste par conséquent béat : où que porte le regard, tout est magnifique ! Plus j’y pense, néanmoins, plus j’en viens à croire que l’important ne se situe pas là, dans cette expérience. C’est lié au changement de profondeur de champ, je pense : c’est ça qui rend ce moment vraiment inoubliable. En quittant le sol, on ne remarque plus les détails : on jouit d’une vue plus globale. De fait, les immeubles cessent d’être des immeubles et deviennent de simples miniatures. L’on perçoit le monde du point de vue d’un titan. Et c’est carrément une expérience surnaturelle, quand on y pense ! Voir les yeux comme un titan n’est pas le genre de trucs qu’on peut réaliser tous les jours ! Et je suis persuadé que c’est cette vue inédite qui rend l’expérience tellement remarquable : depuis les airs, le monde qu’on pensait connaître acquiert subitement un autre visage. Il n’est pas plus riche : il est seulement étranger, et il faudrait être sacrément blasé pour ne pas être émerveillé par ce nouveau visage. En bref, je vous recommande de vous lancer sans hésiter, si vous en avez un jour la possibilité. C’est le genre de moment qui marque durablement. Voilà le site du prestataire de ce vol en montgolfière, si vous vous sentez pousser des ailes.

montgolfiere10.jpg

Démocratie et reconnaissance sociale

janvier 20th, 2017

Si l’exercice démocratique de la citoyenneté se confondait dans la Grèce antique avec l’espace public (agora), le modèle des démocraties modernes renvoie à un gouvernement par la représentation politique. Dès lors, ainsi que l’a montré Jürgen Habermas dans sa thèse d’habilitation désormais célèbre, l’exercice de la démocratie ne peut plus se confondre avec l’espace public. L’auteur préfère désigner l’espace public comme une « sphère intermédiaire » située entre la vie privée et l’État. Cette sphère intermédiaire permet aux opinions publiques de s’exprimer, elle est le lieu dédié à l’usage public de la raison, par opposition à la vie privée et à l’État qui consacrent un usage privé de la raison (Habermas, 1988). C’est du moins ainsi qu’elle a fonctionné dans les premières décennies après l’avènement des démocraties modernes, au XVIIIe siècle, via notamment la multiplication des clubs de discussion et de débat politique. Mais cet espace public « tampon » (Quéré, 1992, p. 79), « gouverné par la raison », a progressivement décliné pour devenir un lieu de confrontation entre un État (le système) de plus en plus interventionniste et un peuple (le monde vécu) passé de la posture de citoyen politique à celle de consommateur (Habermas, 1987). Cette mutation de l’espace public s’est aussi trouvée déterminée par le rôle croissant des médias – d’abord la presse écrite puis, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les médias audiovisuels. L’opinion publique n’est plus le produit d’un discours rationnel, elle se fabrique dorénavant à l’aide de publicité et de manipulation médiatique. Si l’espace public constituait un lieu privilégié permettant à chacun d’apparaître aux autres dans toutes ses spécificités, d’exprimer ses opinions et d’en débattre – un moyen, donc, d’éviter de tomber dans l’invisibilité sociale –, ce n’est plus le cas aujourd’hui. D’Arendt et de Habermas, on doit retenir l’idée selon laquelle l’espace public conditionne l’exercice du gouvernement démocratique par la mise en visibilité, d’une part, des spécificités et des opinions du peuple et, d’autre part, des décisions politiques et de l’action publique. Autrement dit, « la visibilité est le seul critère de l’action politique » (Tassin, 1991). Or, l’accès à la visibilité sociale dépend de plus en plus des médias. Ainsi que propose de le concevoir Éric Dacheux (2003 et 2008), on peut dorénavant envisager l’espace public sous un angle vertical. À la base, se trouvent « l’espace domestique » et « l’espace civil » où les citoyens ordinaires discutent et expriment leurs opinions. La limite haute de l’espace public correspond à « l’espace politique » (Wolton, 1991), c’est-à-dire là où s’élaborent les normes. On peut alors formuler l’hypothèse selon laquelle les critères d’attention des médias ne recoupent pas les besoins de visibilité des groupes sociaux les plus fragiles.

La banalisation de la sexualité

janvier 20th, 2017

Sans pour autant pouvoir en mesurer l’ampleur, l’hypersexualisation de la société est un fait unanimement constaté par les professionnels de l’éducation, les pédopsychiatres et chercheurs en sciences sociales. Nous sommes face à un phénomène insidieux car il se manifeste de manière multiple et à divers degré dans notre quotidien à travers les médias, la mode, Internet, la musique et les clips vidéo… Phénomène insidieux car la large banalisation des images à caractère sexuel fait que les individus ont développé un taux de tolérance de plus en plus élevé face à ces images qui tendent à s’installer dans notre quotidien sans qu’on y prenne garde. Les médias parlent de sexe et de plaisir charnel dans tous les journaux et magazines «people». Aujourd’hui, la question de la sexualité des individus occupe une place essentielle dans les scènes et shows médiatiques ; elle est présentée sous diverses formes et touche différents aspects de la vie humaine. Les films érotiques et la publicité qui idéalisent le corps à des fins de consommation, les magasins de gadgets qui se multiplient et se diversifient de plus en plus, offrant une panoplie de choix, témoignent d’une présence de plus en plus large de l’intérêt que la société porte aux pratiques sexuelles même si elles restent de la sphère de l’intime. Nous sommes rentrés dans un processus par lequel la sexualité prend une part importante sinon essentielle dans l’évolution de l’individu mais aussi de la société.

Paris au virtuel

novembre 22nd, 2016

Vous avez déjà eu l’occasion de tester la réalité virtuelle ? Si ce n’est pas le cas, je vous invite sérieusement à essayer au plus vite. Parce que pour ma part, j’ai pu enfin m’y essayer. Dernièrement, j’ai en effet été envoyé à Paris pour participer à un incentive durant lequel j’ai pu expérimenter cette innovation (à l’occasion d’une soirée gaming entre collègues). Et je peux vous garantir que ça m’a remué bien plus que je ne le pensais possible. Je croyais jusque-là que cette innovation était vouée à suivre la voie des écrans 3D. Mais aujourd’hui, j’aurais plutôt tendance à croire que c’est là une mutation essentielle, qui sera aussi déterminante que l’apparition de l’ordinateur personnel en son temps. Et je ne pense pas uniquement aux jeux, en fait. Même si, bien entendu, elle va certainement permettre de bouleverser les bases de l’immersion en la matière. Cela fait un moment déjà que je ne joue plus aux jeux vidéo. Mais quand je vois le potentiel que donne la réalité virtuelle, il est possible que je m’y remette en 2017, lorsque la technologie sera plus solidement implantée (les prix sont encore un peu élevés, pour le moment). A mon avis, il faut véritablement y avoir joué soi-même pour discerner à quel point cette réalité virtuelle offre une profondeur différente aux jeux vidéo. Pour vous dire à quel point cela change tout : durant cet incentive, j’ai joué avec plusieurs collègues qui n’avaient jamais eu une seule console et ne s’y étaient jamais intéressés. Pour autant, ils ont été séduits par la soirée, et nous avons prolongé la soirée bien au-delà de ce qui était prévu ! Parce que, sous le casque, l’on ne voit vraiment pas le temps passer. A mon avis, cette réalité virtuelle ne va pas se cantonner au monde du jeu vidéo. D’ici cinq ans, pas mal d’entre nous devraient avoir affaire à ces casques dans leur travail. Nous allons nous habituer à faire des réunions virtuelles et qui pourront réunir dans une même « pièce » des personnes se trouvant dans le monde entier. L’on ne se réunira plus de manière physique que pour les phases cruciales. : tout le reste sera dispensé par le biais du virtuel. Je vous laisse imaginer le changement que cela pourrait apporter ! Pour ma parten tout cas, , j’ai hâte de voir ce que ça donne. Bref, j’ai fortement apprécié cet incentive. Retrouvez tous les détails pratiques de cet incentive à Paris en suivant le lien.

654.jpg

Ce qu’exprime l’ascension de Trump

novembre 7th, 2016

Dans ce post, je soutiens que la montée de Donald Trump dans la course présidentielle américaine est un symptôme de la décomposition en cours de la société, à son tour, causée par la perte de contrôle générée par l’épuisement des ressources. Au bas de ce post, vous trouverez un modèle simple de la dynamique du système décrivant la situation et générant un autre exemple de falaise de Sénèque. Donald Trump semble avoir pris tout le monde par surprise. Qu’il gagne ou non l’investiture républicaine, et s’il devient oui ou non, président, il a mis les médias dans la tempête: les gens qui écrivent sur les blogs et les journaux sont sous le choc de l’impact, se demandant: d’où ce diable vient-il? Qui est-il? Un dieu? La réincarnation de Hitler? Ou de Mussolini? Le diable? Quoi d’autre ? Personnellement, je ne prétends pas avoir été moins surpris que tout le monde par Trump, mais, en repensant à la situation, je pense qu’il est raisonnable de dire que quelque chose comme Trump était inévitable. Il est, vraiment, la meilleure définition d’un effet visible de transition de phase sociale en cours. Un discret changement sur notre chemin dans la direction de l’effondrement. Depuis un bon nombre d’années, j’étudie les raisons de l’effondrement des sociétés. Au début, j’ai eu tendance à expliquer ce phénomène principalement comme le résultat de l’épuisement des ressources essentielles; pétrole brut, dans notre cas. Mais, plus je pense à ce sujet, plus je comprends que la relation entre épuisement et effondrement est loin d’être simple. Une société peut très bien s’effondrer sans manquer de quoi que ce soit; pensez au cas de l’Union soviétique. Quand elle est effondrée, l’URSS avait encore beaucoup de ressources minérales, mais elle ne pouvait plus trouver un moyen de les exploiter d’une manière commode. Dans le cas de l’Empire romain, aussi, il n’y a aucune preuve qu’il ait été à court de nourriture ou de toute autre ressource de base. Il a plutôt manqué de la ressource qu’il utilisait pour payer ses troupes, l’or et l’argent de sa monnaie. Dans les deux cas, il était question de l’effondrement du contrôle. Comme nous le savons tous, le pouvoir sans contrôle n’est rien. Notez que la perte de contrôle est liée à l’épuisement des ressources, mais la relation n’est pas directe. Elle fonctionne comme ceci: toute société complexe ne peut exister que dans certaines conditions: il ne suffit pas d’avoir accès aux ressources naturelles. Il est essentiel d’être en mesure de distribuer ces ressources de manière à garder tous les secteurs de la société en activité; ceci est une question de contrôle. Vous pouvez également utiliser le terme gouvernance si vous voulez éviter un terme qui a une connotation militaire. Il est clair que si une société est incapable d’allouer les ressources de telle manière que la plupart des gens acceptent leur part, elle se décomposera, ou s’effondrera, ou les deux en même temps. Dans notre monde, l’allocation des ressources est contrôlée par l’entité que nous appelons le marché, avec une correction de la part d’une autre entité que nous appelons le gouvernement. D’une manière générale, le gouvernement est censé corriger le fait que le marché ne soit pas censé fournir une répartition équitable de la richesse. Par exemple, le gouvernement est censé fournir des services de soins de santé, même pour les personnes qui ne peuvent pas se le permettre. Ceci est la raison pour laquelle les impôts sont progressifs (enfin c’était l’habitude avant que le président Trump ne prenne ses fonctions). Ceci est ce que nous appelons normalement la démocratie: elle fonctionne sur la conviction partagée que la société est maintenue ensemble par un certain degré de partage équitable des ressources disponibles. Cela fonctionne, mais seulement dans certaines conditions. En particulier, cela fonctionne avec l’hypothèse que les ressources disponibles sont relativement abondantes. Si tel est le cas, il est plus pratique de créer de nouvelles richesses en exploitant une ressource inexploitée que de voler la richesse de ceux qui en ont déjà. Mais ce n’est pas toujours le cas. Imaginons que vous êtes sans travail. Dans des conditions normales, vous chercheriez un autre emploi. Mais s’il n’y a pas d’emplois disponibles, ou si vous êtes trop vieux pour en obtenir un, votre seule stratégie possible de survie est le crime ou le vol (c’est arrivé au Japon). Donc, si les Arabes sont assis sur notre pétrole, il est alors logique de les bombarder pour l’obtenir. Et pourquoi les pauvres devraient avoir notre argent pour résoudre leurs problèmes de santé? Notez que vous ne devez pas en arriver à une quelconque rupture d’approvisionnement pour traverser le point critique. Dans certaines limites, vous pouvez supposer que le coût de l’exploitation d’une ressource naturelle suit la courbe inverse de celle de l’abondance des ressources, alors que le coût de le voler à quelqu’un qui en a, peut être considéré comme à peu près constant. Donc, Il existe un point où le vol devient une meilleure stratégie que de trouver de nouvelles ressources. C’est une phase de transition dans la société (voir le modèle ci-dessous). À ce stade, la société s’enfonce dans une crise qui l’amène à des ruptures, y compris par le nettoyage ethnique, ou par une sorte de contrôle militaire centralisé. Le deuxième résultat peut être considéré comme meilleur que le premier. Voilà ce que les Romains ont fait quand ils sont passés d’une république à un système impérial. Voilà le chemin devant nous. Si nous voyons la situation en ces termes, alors Trump n’a vraiment rien d’inattendu. Il est un symptôme de la panne en cours du pacte social aux États-Unis et partout dans l’Ouest. En effet, il capitalise sur cette rupture en utilisant sa rhétorique agressive, en jouant sur la tentative de l’ancienne classe moyenne blanche pour maintenir au moins une partie de sa prospérité et de ses privilèges précédents. Trump n’est pas (encore) un empereur et probablement il n’en sera jamais un. Mais il est un pas dans cette direction; une conséquence inévitable de l’épuisement des ressources.

Un peu plus près de la faillite

novembre 7th, 2016

Tiens donc ! Il semblerait que le mot « faillite » soit subitement devenu plus tendance. Oh, on est encore loin d’une acceptation raisonnée et d’une analyse froide de ce qu’il implique, mais on commence à l’entendre plus souvent, et de plus en plus en forme de demi-aveu. Et dans cette optique, j’établissais à la fin du mois de mars que cette faillite pourrait provenir essentiellement de deux raisons bien définies : soit l’enfoncement progressif des collectivités territoriales diverses et variées dans les dettes par des choix de gestion calamiteux, à commencer par la souscriptions d’emprunts dits toxiques, soit par la perte totale de contrôle de la distribution des aides sociales dont le montant et l’assiette semblent augmenter inexorablement à mesure que la conjoncture économique se fait plus dégradée. Pour les dispendieuses distribution tous azimuts, les choses prendront évidemment du temps à se déclarer, tant les sommes et le nombre d’individus concerné sont grands ce qui impose une grande inertie au système. Il faudra en conséquence beaucoup de temps pour que chacun prenne conscience de l’ampleur des dégâts, depuis l’étudiant jusqu’au retraité en passant par le chômeur ou le bénéficiaire de RSA, à mesure que, les finances rétrécissant, les prestations se feront tous les jours plus minces. En tout cas, il semble que 2017 sera une année pénible. Pour les erreurs manifestes de gestion, il en va tout autrement puisqu’en général elles s’accumulent un moment avant d’exploser violemment dans les journaux. Mais tant pour les erreurs de gestion que pour les aides sociales trop coûteuses, c’est à un véritable festival qu’on assiste actuellement. Bien sûr, c’est la nouvelle grosse région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes qui caracole en tête des « révélations » sulfureuses actuellement. Il faut dire que l’ardoise est salée. Comme je l’évoquais déjà il y a deux semaines, on a déjà allègrement dépassé les 132 millions initiaux, on évoque maintenant 450 millions et on s’acheminera, le temps aidant, vers le milliard qu’évoquait une autre source. Dans la panade, la responsable directe de cet incroyable dérapage financier se débat comme elle peut, avec le talent discutable dont elle fait preuve dans ce genre de situations dont elle est pourtant habituée. On pourra citer, pour rire, cette fabuleuse saillie de Ségolène, qui, dans le contexte encore tout frémissant des « Panama Papers », prend une dimension particulièrement savoureuse : Pour la ministre de l’Énergie, de l’Air Pur et des Éoliennes à Charbon, oser ainsi se référer à un audit de Ernst & Young (qu’on pourra lire ici, au passage) qui met directement en cause la qualité de sa gestion revient à sombrer dans le totalitarisme ; en parallèle, on devrait alors pouvoir en dire autant de l’usage de documents volés par des journalistes peu scrupuleux mettant au jour quelques étranges montages financiers de ces politiciens qui ont toujours su faire preuve d’autant plus d’entregent pour leur propre fortune qu’ils n’en ont jamais trouvé pour celle des contribuables. Les explications de la ministre, parfaitement grotesques et faisant appel à des bugs informatiques, véritables slips des joueurs de pipeau, donnent la mesure exacte de la panique qui s’est emparée de l’ancienne présidente de région qui ne s’attendait probablement pas à être ainsi directement mise en cause. C’est normal : on assiste avec cette magnifique histoire de faillite picto-charentaise à une nouvelle passe d’armes dans les règlements de comptes entre barons du Parti Socialiste, vivier naturel de crabes jamais en retard d’une guerre interne. Alors que l’audit avait été lancé par un successeur socialiste probablement assez malin pour sentir les cadavres que Royal et son équipe avaient laissés dans de multiples placards, le résultat (catastrophique) de cet audit a été plus que probablement récupéré par l’équipe de Valls qui renvoie ici l’ascenseur à la bouillonnante ministre suite à ses déclarations sur l’aéroport de Notre-Dame-Des-Landes. Si on ne doit pas bouder son plaisir de voir se déchirer ces politiciens qui montrent ainsi leur vrai visage, la conclusion financière reste, indubitablement, la même : c’est bien de faillite qu’il est question ici. Et comme je l’évoquais plus haut, ce mot de faillite n’est pas trop fort. Il a même été employé par un autre politicien, dans un autre contexte, encore plus inquiétant, car c’est bien encore de faillite que parle Jean-Jacques Urvoas lorsqu’il évoque la Justice française. Et même si une probable pudeur et un évident calcul politique l’incitent à ne pas dire ce mot directement, il ne s’empêche pourtant pas de parler d’un véritable « sinistre » : l’accumulation d’impayés, d’énormes difficultés de trésorerie, de tentatives désespérées de faire des économies de bouts de chandelle en tapant dans les fournitures de papeterie et autres contingences matérielles marginales seraient, pour une entreprise ou même un service d’État un peu lucide synonyme évident de faillite. Rassurez-vous cependant : tout comme Fillon qui, lucide, déclarait la France en faillite en 2007 peu après son arrivée à Matignon et qui fut très vite ramené à l’ordre, Urvoas sera oublié aussi vite que possible, même si le constat qu’il a dressé ne souffre d’aucune interprétation favorable et même si on tente de lui imputer (probablement à raison) la volonté de nuire à son prédécesseur, Christiane Taubira. Mais tout comme les guerres picrocholines socialistes qui animent Valls et Royal et qui ne parviendront pas à évaporer le trou d’un milliard en Poitou-Charentes, les éventuelles manœuvres politico-politiciennes d’Urvoas ne pourront effacer des décennies de gestion calamiteuse de la Justice française.

Malade en avion de chasse

juin 8th, 2016

Cette fois, je crois avoir atteint un sommet indépassable, en matière d’activité chargée en adrénaline. Il y a quelques jours, en effet, j’ai expérimenté un vol à bord d’un avion de chasse à Paris. Et ce qui est certain, c’est que ce vol a été particulièrement intense ! Je savais déjà que j’allais le sentir passer, mais j’étais encore loin de la réalité. J’avais pourtant essayé de me renseigner. Mais curieusement, ce sujet est assez peu évoqué sur le web. J’ai beau avoir passé des soirées entières à détailler les pages proposées sur internet, j’ai eu du mal à trouver des réponses à mes questions. C’était comme si personne ne faisait de vol en avion de chasse. Or, le pilote m’a confirmé qu’il avait vu défiler des centaines de personnes. Alors pourquoi ce silence sur internet ? Et puis, j’ai fini par réaliser. C’est tout simple, en fait : je crois que c’est un moment trop difficile à décrire. D’ailleurs, même si j’y pense encore très souvent, je n’en parle plus dans mon entourage. Je me suis en effet aperçu que j’étais incapable de décrire, ou même de faire comprendre, la force de ce moment. Mais je vais quand même tenter de vous expliquer la chose, pour le principe. Rappelez-vous ce qu’on peut ressentir quand on fait un tour de montagnes russes. Vous y êtes ? Bien. Maintenant, multipliez le tout par 10. Vous commencerez alors seulement à saisir ce qu’on peut éprouver en vol. C’est sans le moindre doute le truc le plus effroyable qu’on puisse vivre. Trente minutes de vol, dont dix minutes acrobatiques, lors desquelles je devais me battre pour ne pas m’évanouir. Une expérience tellement violente que je suis vite devenu livide et que j’ai dû mettre mon déjeuner… tout droit dans un sac vomitoire ! La classe internationale, n’est-ce pas ? Mais malgré tout, si l’occasion se présente de recommencer, je me lancerai sans même réfléchir. Parce qu’en fait, ce vol était l’expérience la plus magnifique qu’il m’ait été donné de faire ! Voici un lien vers ceux qui organisent ce vol en avion de chasse à Paris. Mais vous êtes prévenu : ça décoiffe !

bapteme-avion-de-chasse.png

« Previous Entries






Créer un Blog | Nouveaux blogs | Top Tags | 17 articles | blog Gratuit | Abus?